10/01/2011
Pierre Lascabettes - Directeur des Transports
Département de Seine-Maritime
Un Département chef de file d’un projet SIM (Système d’Information Multimodale) régional ? Pouvez-vous nous expliquer cette étrange articulation ?
Le Département de Seine-Maritime, de l’Eure ainsi que la Région Haute-Normandie ont conduit dès 2005 un diagnostic complet commun de la problématique des déplacements/de la mobilité en Haute-Normandie, des forces et faiblesses du territoire en la matière. Ce travail a conduit à définir des objectifs de développement des transports partagés et cohérents, phasés dans le temps et toujours suivis à l’heure actuelle.
Ces objectifs ont donné lieu à une validation politique conjointe de ces 3 Collectivités. De cette étape est née une certaine culture du développement en commun des projets de déplacements, à laquelle ont rapidement adhéré l’ensemble des autorités organisatrices de transport de Haute-Normandie. Aujourd’hui, nous sommes 15 entités publiques (villes, agglomérations, départements et région) fédérées autour de projets communs au titre desquels nous pouvons citer :
- Le développement d’une billettique unique à 15 AOT (Autorités Organisatrices de Transports) ;
- La politique de développement des Pôles d’échange ;
- Le Système d’Information Multimodale (SIM) ;
- Les travaux actuels dans le champ de la tarification multimodale.
Cette synergie entre Collectivités (partenaires de l’intermodalité) a favorisé la conduite d’un travail partagé entre chaque membre ainsi qu’une répartition des tâches afin d’investir en parallèle, et de façon coordonnée, ces différents champs de développement.
Aussi, et tout naturellement, les partenaires de l’intermodalité ont accepté de positionner la Seine-Maritime en tant que chef de file du SIM régional.
Pour se déplacer, le plus facile est de prendre sa voiture. Selon vous, le SIM est-il un outil de promotion de la mobilité durable ?
Le caractère non centralisé de l’ensemble de l’offre de transport proposée au sein d’un territoire par de multiples acteurs des transports publics est clairement un frein à l’incitation au report modal en faveur des TC (Transports en Commun). En effet, les trajets effectués (travail, loisirs, etc.) ont notablement augmenté depuis plusieurs décennies en termes de km parcourus, dépassant dans bon nombre de cas le périmètre de compétence d’une seule collectivité.
Cette centralisation permet de mettre à plat l’ensemble des dessertes et d’identifier les trajets complexes (multimodaux) possibles. Ce travail permet ainsi de veiller à ce qu’un maximum de correspondances soient assurées, en un minimum de temps d’attente, et ainsi apporter l’une des clés de concurrence du véhicule particulier.
La mobilité à l’échelle européenne est devenue quelque chose d’évident. Dans quelle(s) mesure(s) le Département de Seine-Maritime s’inscrit-il dans cette nouvelle dimension des déplacements ?
Participer au projet START, dans le cadre du programme INTERREG IVB, c’est partager des expériences, avoir l’opportunité d’apprendre et d’engager le développement de la mobilité sur un espace qui dépasse largement les frontières nationales.
Comment le projet START se décline-t-il au sein du Département de Seine-Maritime ? Quelles sont vos actions prioritaires ?
Le projet START trouve résonnance en Seine-Maritime via la promotion du concept INTEGRA et la sensibilisation des acteurs locaux à l’intérêt de leur intégration dans le réseau des villes labellisées INTEGRA via le portail web commun prévu à cet effet.
Dans le cadre de la mise en œuvre concrète d’actions de START, quelles sont les prochaines étapes ?
Les 2 prochaines étapes à conduire sur le très court terme consisteront à :
- Prolonger l’échange d’expériences suite aux premiers débats constructifs initié lors de groupes de travail relatif aux SIM régionaux ;
- Vérifier l’interopérabilité des SIM régionaux limitrophes avec celui de Haute-Normandie qui verra le jour fin 2011.